• Jacques Brel les Marquises

     

    Ils parlent de la mort comme tu parles d'un fruit

    Ils regardent la mer comme tu regardes un puits

    Les femmes sont lascives au soleil redouté

    Et s'il n'y a pas d'hiver, cela n'est pas l'été

    La pluie est traversière, elle bat de grain en grain

    Quelques vieux chevaux blancs qui fredonnent Gauguin

    Et par manque de brise, le temps s'immobilise

    Aux Marquises

     

    Du soir, montent des feux et des points de silence

    Qui vont s'élargissant, et la lune s'avance

    Et la mer se déchire, infiniment brisée

    Par des rochers qui prirent des prénoms affolés

    Et puis, plus loin, des chiens, des chants de repentance

    Et quelques pas de deux et quelques pas de danse

    Et la nuit est soumise et l'alizé se brise

    Aux Marquises

     

    Le rire est dans le coeur, le mot dans le regard

    Le coeur est voyageur, l'avenir est au hasard

    Et passent des cocotiers qui écrivent des chants d'amour

    Que les soeurs d'alentour ignorent d'ignorer

    Les pirogues s'en vont, les pirogues s'en viennent

    Et mes souvenirs deviennent ce que les vieux en font

    Veux-tu que je te dise : gémir n'est pas de mise

    Aux Marquises

     

    Paroles et Musique: Jacques Brel   1977 © Barclay

     

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